lundi 12 mars 2018

On cherche nouveaux Elisée pour temps troublés ! Par Jean-Pierre Besse

1 Rois 17.1 : Elie, de Tischba, l’un des habitants de Galaad, dit au roi Akab : « l’Eternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens ! Il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sinon à ma parole ».
2 Rois 3.14a : Elisée dit : « l’Eternel des armées devant qui je me tiens est vivant…» 
2 Rois 5.16 : idem. Dans les 3 premiers versets la traduction proposée : devant qui je me tiens est plus littérale et finalement plus parlante spirituellement que la traduction traditionnelle : «…l’Eternel dont je suis le serviteur ».
2 Rois 4.1-17 : 1 Une femme de la communauté de prophètes cria à Elisée : « Ton serviteur, mon mari, est mort et tu sais qu’il craignait l’Eternel. Or, le créancier est venu pour prendre mes deux enfants et faire d’eux ses esclaves ». 2 Elisée lui dit : » Que puis-je faire pour toi ? Dis-moi : qu’as-tu chez toi ? » Elle répondit : » Ta servante n’a rien du tout chez elle mis à part un pot d’huile ». 3 Il dit : » va demander des vases dans la rue, chez tous tes voisins, des récipients vides, demandes-en un grand nombre. 4 Une fois rentrée, ferme la porte derrière toi et tes enfants, verse l’huile dans tous tes récipients et mets de côté ceux qui sont pleins ». 5 Alors elle le quitte. Elle ferma la porte derrière elle et ses enfants qui lui présentaient des récipients, et elle versait. 6 Lorsque les vases furent pleins et qu’elle dit à son fils : » donne-moi encore un vase » et qu’il dit : » il n’y en a plus », l’huile s’arrêta. 7 Elle alla le rapporter à l’homme de Dieu qui lui dit : « Va vendre l’huile et paie ta dette. Tu vivras, avec tes fils, de ce qui restera. » 8 Un jour, Elisée passait par Sunem. Il y avait là une femme de haute condition qui insista pour qu’il accepte de manger. Chaque fois qu’il passait par là, il se rendit désormais chez elle pour manger. 9 Elle dit à son mari : « vois-tu, je sais que cet homme qui passe toujours chez nous est un saint homme de Dieu. 10 Faisons une petite chambre indépendante et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et une lampe afin qu’il puisse s’y retirer quand il viendra chez nous. » 11 Elisée revint un jour dans la région, il se retira dans la chambre à l’étage et y coucha. 12 Il dit à son serviteur Guéhazi : « Appelle cette Sunamite ». Guéhazi l’appela et elle se présenta devant lui. 13 Elisée dit à Guéhazi : » dislui : » Tu t’es donnée toute cette peine pour nous ! Que pouvons-nous faire pour toi ? Faut-il parler en ta faveur au roi ou au chef de l’armée ? » Elle répondit : » je vis bien tranquillement au milieu de mon peuple. » 14 Elisée dit : » Que faire pour elle ? » Guéhazi répondit : » En fait, elle n’a pas de fils et son mari est vieux. » 15 Elisée dit : « Appellela. » Guéhazi l’appela et elle se présenta à la porte. 16 Elisée lui dit : » A la même époque, l’année prochaine, tu embrasseras un fils. » Elle répondit : » Non mon seigneur, homme de Dieu, ne trompe pas ta servante ! » 17
Cette femme devint enceinte et elle mit au monde un fils à la même époque, l’année suivante, comme Elisée le lui avait dit.

Nous sommes toujours émerveillés par ces récits qui racontent le ministère des prophètes Élie et Élisée dans ce royaume du Nord appelé Israël. Pour Élisée (formé par Élie), il y a environ douze récits miraculeux porteurs de bénédiction. Ils anticipent déjà la nouveauté qu’apportera Jésus presque 900 ans plus tard. De tels récits pourraient nous sembler trop beaux, trop « magiques », trop « faciles » pour être vrais ou pour nous être utiles…
En réalité, ils ne sont pas l’expression d’une facilité de contes de fées, mais le résultat de la rencontre difficile entre le Dieu d’Israël et des hommes comme vous et moi qui ne fuyaient pas les situations humaines de leur temps ! Avec Jésus, on a la pleine mesure de cette sorte de rencontre entre : ­ l’initiative de Dieu ­ le serviteur humain disponible ­ et la misère des pécheurs que nous sommes. Jésus est LE PONT entre tous. Lisons donc ces récits à la lumière du Christ, puisque nous sommes unis au Christ pour être nous aussi des ponts.
Élie et Élisée ont exercé leur ministère dans un temps de grande idolâtrie, de troubles politiques et de décadence morale, comme c’est à l’évidence le cas aujourd’hui sur toute la terre. Ils nous rejoignent dans notre situation et si leur ministère a été marqué par des signes miraculeux remarquables, ce n’est pas pour épater le public (Dieu est assez économe à ce sujet), mais parce que le peuple et ses chefs avaient besoin que soit démontré l’amour immérité de Dieu à leur égard. La démonstration de la Vérité allait peut-être les faire revenir au Seigneur pour être sauvés… Mais il y a plus à apprendre que juste le miracle, même si toute la Parole de Dieu repose sur l’action surnaturelle ­ et donc miraculeuse ­ de Dieu, depuis la création jusqu’à la nouvelle terre, en passant par la croix et la résurrection et le don de l’Esprit. Il y a donc dans des textes comme ceux figurant plus haut, une parole pour nous, valable en toute occasion. D’ailleurs, dans ces chapitres (entre 1 Rois 17 et 2 Rois 13), le cadre de ces événements est extraordinairement varié : de la maison des veuves à la cour des rois, des écoles de prophètes aux champs de bataille… (en tout cas, on n’est pas enfermé dans des bâtiments d’églises !) Alors la question se pose à nous : comment ce niveau spirituellement efficace de services au-dehors pourrait-il redevenir le nôtre ? Pourquoi Élisée, rencontrant deux personnes en situations très différentes a-t-il pu être le transmetteur d’une action porteuse de vie et de salut là où il n’y avait que des murs de détresse et de désespoir ?

1. Se tenir devant le Seigneur

D’abord, Élisée comme Élie sont des hommes dont la première qualité est « de se tenir devant Dieu ». Pour Élie, c’est même la seule identité par laquelle il est présenté à part le nom de son village d’origine : l’Éternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens ! (1 Rois 17.1). Cela veut dire que ces deux hommesordinaires, avant d’être des prophètes, sont des hommes qui se tiennent dans la présence de Dieu, dans l’écoute de Dieu, à la disposition de Dieu, prêts à lui obéir. Ils l’ont fait probablement pendant des années loin du public et des médias, dans le secret ou en petits groupes (2 Rois 2. 3-7). Ils l’ont fait parce qu’ils connaissaient ce Dieu unique, qui ne ressemble pas aux autres et qui s’était révélé aux patriarches d’Israël de manière personnelle. En se tenant devant Lui, ils le connaissaient même de mieux en mieux, nettement plus que la moyenne. Ils payaient le prix du temps et de l’humilité, de la prière et de l’obéissance de la foi. Voilà pourquoi on les appelait des « hommes de Dieu » (4.9, etc.), titre simple, mais parmi les plus beaux ! C’était là la première raison de leur capacité à manifester l’amour et la puissance de Dieu. Leur parole produit ce qu’elle annonce, parce qu’elle est l’expression de celle de Dieu en eux. Selon 1 Pierre 4.11, c’est aussi le privilège des chrétiens qui suivent Jésus : « si quelqu’un parle, qu’il annonce les paroles révélées de Dieu ; si quelqu’un sert, que ce soit par la force que Dieu lui accorde ».
Ces hommes ne sont pas des sorciers, mais des hommes façonnés et triturés par le Seigneur pour être des dons à leurs contemporains. Ils sont disponibles pour le service et les surprises de l’Éternel. Hérauts intrépides face à la pensée dominante et aux idoles porteuses de mort. Se tenir devant Dieu, c’est être introduit dans le Conseil, la Communion du Père avec le Fils dans le lien de l’Esprit Saint. Mot ­ clé : COMMUNION.

2. Que puis-je faire pour…

Une deuxième source magnifique se trouve dans la même ligne pour libérer la puissance de Dieu. Avez-vous remarqué que, dans notre passage, la mêmequestion est posée 3 fois par Élisée (4.2 et 4.13-14) : « Que puis-je faire pour toi ? (pour elle) ».
­ Elle est posée à une personne dans la plus grande détresse (v.2) : cette veuve, incapable de rembourser ses dettes, devra, en compensation, livrer ses enfants comme esclaves au créancier… tel était l’usage dans l’Antiquité ! C’est le désespoir.
­ Elle est aussi posée à une dame de haut rang (la Sunamite) qui, derrière sa prospérité apparente et bienveillante, cache un besoin bien réel qui confine, à cette époque, à la détresse : avoir un enfant… mais elle est stérile (v.13-14) !
Que puis-je faire pour toi ? Oh la question qui fait peur à celui ou celle qui devrait la poser… ! Nous avons peur de poser cette question par crainte d’être dépassés, d’être incapables de faire face à la situation, conduits trop loin, conduits à nous engager au-delà de nos envies, de notre confort et de nos forces… Non ?
Sommes-nous disponibles pour l’amour que Dieu met en nous pour le prochain, QUEL QU’IL SOIT ? Mais le Seigneur Jésus nous dit : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Où est votre foi ? » Avec la foi dans le Fils de Dieu, le Saint-Esprit osera nous inspirer cette question : Que puis-je faire pour toi, pour lui, pour elle ? Mot-Clé : COMPATIR ­ Avoir des entrailles de miséricorde.

3. Troisième source : Mettre sa foi en action

La foi biblique commence quand il y a un RISQUE. Avant, elle est théorique. Elle n’est pas encore la foi d’Abraham ou de l’apôtre Jacques. Il s’agit de la foi non seulement EN Dieu ou EN Christ, mais de la foi DE Dieu ou DE Christ en nous (Gal 2.20 ; Ph 3.9, etc. en traduction littérale !).
Le prophète ose faire à la veuve cette folle proposition : va chercher des vases chez tes voisins et n’en demande pas peu ! Puis verses-y ton peu d’huile de reste ; et tu mettras de côté les récipients qui seront pleins (3). Il ose parce que l’Esprit de Dieu a acquis une place d’autorité en lui ; et au v. 33, celle-ci aura encore grandi, comme un muscle qui se fortifie par l’exercice. Notez que cette femme, en obéissant à la lettre, met aussi son peu de foi en action, et elle y associe ses enfants qui sont en partie l’enjeu ! Elle met aussi ses voisins dans le coup… et ça vaut le coût ! À l’écoute d’Élisée, elle suscite un climat collectif de foi dans son quartier ! Par contre, pour la Sunamite incrédule (v.16), c’est Élisée seul qui met sa foi en action, car c’est lui qui a pris l’initiative. Mot ­ clé : FOI EN ACTION !

4. Communiquer

La communication par la parole exprimée, c’est la quatrième source qui libère la puissance du service, la PUISSANCE de l’Esprit (v. 4 et 16-17) et la SAGESSE divine (v.7) puisque Élisée ajoute à l’acte miraculeux un conseil de sagesse, une marche à suivre pour la suite : non seulement l’huile ayant rempli tous les récipients présentés serviront aux repas de la famille, mais l’énorme surplus sera vendu pour sortir la famille des dettes.
Et pour l’autre femme, la puissance libérée se manifeste par la naissance d’un enfant l’année suivante ! Il y aura d’ailleurs un grave problème avec lui par la suite, mais ce problème aussi sera résolu par le retour à la vie (v.33) ! (Et si nos problèmes ne sont pas tous résolus dans cette vie présente, ils le seront en tout cas tous à la résurrection des justes).
La communication orale prouve la foi : « En croyant du coeur on parvient à la justice et en confessant (= déclarant publiquement, en homologuant) de la bouche, on parvient au salut » (Rom 10.10).
En résumé : ­ Communier (se tenir devant le Seigneur toujours plus souvent) ­ Compatir (en vue d’une solution) ­ Mettre sa Foi en action ­ Communiquer, ce qui va libérer la puissance et la sagesse reçues !

Conclusion pour l'Eglise des temps derniers

Malachie, inspiré, dit à la fin de son livre : « Voici je vous enverrai Élie le prophète avant que le jour de l’Éternel arrive ». Dans cet Élie, Jésus a discerné Jean le précurseur baptiseur. Mais on comprend aussi que cette annonce inclut une dimension ultérieure, plus collective, de cet Esprit d’Élie ­ Élisée qui sera répandu sur le Peuple des disciples, l’Église fidèle qui précédera de peu l’avènement final du Messie. (Dans la nouvelle Alliance, les prophéties n’annoncent plus des individualités, mais plutôt des ensembles). Il est permis de penser que dans un proche avenir, cette même onction qui était sur Élie et Élisée (en fait l’onction messianique qui était sur Jésus !), sera recherchée par beaucoup et reçue pour le témoignage final. Mais alors, il faudra tenir compte des 4 points vus ci-dessus, sans craindre la peine ! Serons-nous de ces nouveaux Élisée ?
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Propositions pratiques :

Communion : Faites une retraite entre 1 et 3 jours au cours de laquelle vous vous tenez devant le Seigneur sans autres appuis que votre Bible (si vous la possédez). Après avoir purifié votre coeur par la foi en Christ et pris autorité sur les ruses du diable : attendez-vous à recevoir de Dieu des impressions, des orientations, des visions peut-être, des paroles de la Bible, des pensées ou des paroles que vos oreilles spirituelles peuvent « entendre ». Notez-les, et éliminez ce qui entre en contradiction avec la Parole de Dieu en Jésus ou qui vous cause un mauvais trouble, de l’accusation et du découragement. Alors, dans la paix, faites confiance au reste comme venant de Dieu.
Compatir : Ensuite exercez-vous, dans vos journées de travail, à discerner le besoin des gens que vous croisez et que l’Esprit vous met plus spécialement à coeur (ils sont à l’image de Dieu et Jésus a payé le prix de leur rachat !). Et demandez- vous à leur propos : « que puis-je faire pour eux » ? Eux-mêmes vous le diront peut-être spontanément. Si vous avez des ressources naturelles, employez-les. Si la situation vous dépasse, attendez-vous à l’Éternel en priant au nom de son Fils Jésus dans le sens d’une action venant du Ciel (Actes 3.6).
Foi en action : Si vous avez la paix, engagez votre foi en Christ et mettez-la en oeuvre, courez des risques ! Vous serez probablement surpris !
Communiquer : si une p arole monte de votre coeur d ans votre p ensée, exprimez- la comme une expression de foi. Associez autant que possible la foi de votre interlocuteur à la vôtre, même si elle est encore faible, surtout s’il est demandeur ! Puis exprimez votre reconnaissance au Père !

mercredi 1 novembre 2017

Qu'Est-Ce Qu'Un Réveil? par Arthur Wallis

"Dieu vient… Sa majesté couvre les cieux, et Sa gloire remplit la terre… Il s'arrête, et de l’œil Il mesure la terre; Il regarde, et Il fait trembler les nations; les montagnes éternelles se brisent, les collines antiques s'abaissent; les sentiers d'autrefois s'ouvrent devant Lui." (Habakuk 3:3,6)
 
Il n’y a jamais eu une époque dans laquelle le terme " réveil " a eu besoin d’être défini plus soigneusement. Il en est venu à être utilisé en relation avec des choses spirituelles dans une acceptation si large et de façon si approximative que beaucoup sont perplexes de savoir ce qu’il signifie. Pour certaines personnes ayant des préjugés ou ayant été mal informées, le terme est synonyme d’émotionalisme excessif ou d’hystérie de foule. Il est à espérer que les pages qui suivent constitueront une réponse suffisante à une telle calomnie sur l’œuvre du Saint-Esprit. D’autres utilisent le mot pour décrire une mission d’évangélisation réussie. Quand ils nous disent que leur église " a un réveil ", nous comprenons par là qu’ils veulent dire qu’une campagne d’évangélisation y est organisée. Il se peut que cet usage soit un reliquat des jours où l’Esprit œuvrait à grande échelle, et où l’on avait seulement à mettre sur pied une telle mission pour être témoin d’un renouveau parmi les croyants et une moisson parmi les perdus. Aujourd’hui, il en va tout autrement, mais dans tous les cas utiliser le terme de cette façon est erroné.
Certains, adoptant de près l’étymologie du mot, l’utilisent pour décrire une revivification personnelle du croyant par le Saint-Esprit. Si un individu ou un groupe est ravivé dans la sainteté ou amené dans un état de bénédiction, c’est cela qu’ils appellent " réveil ", même si l’extension de l’œuvre est minime. De façon similaire, d’autres qui mettent l’accent davantage sur une expérience particulière avec le Saint-Esprit, affirmeront que lorsqu’un individu ou un groupe a été rempli du Saint-Esprit, il a " obtenu un réveil ", indépendamment du fait qu’il y ait ou non des répercussions quelconques en dehors de leur cercle. Dans la mesure où un réveil implique toujours une revivification des croyants individuels, ces points de vue sont vrais, mais en tant que définitions du réveil, ils sont inadéquats.
Nous ne pouvons pas nous tourner vers la Bible pour voir comment le mot " réveil " est utilisé, car il ne s’y trouve pas, bien qu’elle contienne de nombreux exemples et types de réveil, et dévoile tous ses principes. Les équivalents scripturaux les plus proches sont " ranimer " (ou stimuler), et " raviver ", mais ces derniers peuvent s’appliquer à une œuvre de revivification individuelle, et ne sont pas toujours synonymes de ce qui a été appelé, d’un commun consentement, à travers les siècles, un " réveil religieux. "
Il serait bon que ceux qui souhaitent décrire ce qui est simplement une œuvre de stimulation parmi les croyants utilisent ces expressions scripturaires, " raviver " et " revivification ", et les distinguent du " réveil " qui les englobe tous, tout en les dépassant. Un réveil est davantage qu’une grande réunion. C’est plus qu’une excitation religieuse. C’est plus qu’une stimulation des saints, ou le fait qu’ils soient remplis du Saint-Esprit. C’est plus qu’une grande moisson d’âmes. On peut avoir l’une quelconque de ces choses sans avoir un réveil, et néanmoins un réveil les inclut toutes.
Il y a un énorme fossé entre des missions ou des campagnes d’évangélisation à leur meilleur niveau et un véritable réveil. Dans les premières, c’est l’homme qui prend l’initiative, avec la possibilité que ce soit l’Esprit qui le pousse à le faire; dans le deuxième cas, l’initiative est de Dieu. Avec les unes, l’organisation est humaine; avec l’autre elle est divine. Je n’ai aucune intention ici de dénigrer le travail missionnaire, ou de nier que Dieu leur doit la conversion d’une multitudes de gens, mais il doit être dit clairement qu’elles ne constituent pas des réveils. Les missions peuvent faire partie du programme continu d’évangélisation qui relève de la tâche de l’Eglise, mais un réveil est une chose survenant en des temps et périodes spéciaux. Un réveil peut bien sûr éclater pendant une mission, mais quand c’est le cas certains traits caractéristiques apparaîtront qui sont spécifiques d’un réveil, et certains traits disparaîtront qui sont caractéristiques des missions. Toutefois, tandis que le réveil tarit, l’évangélisation normale de l’Eglise doit continuer, mais que la distinction reste claire.
La signification d’un mot quelconque est déterminée par son usage. Pour définir un réveil, nous devons par conséquent faire appel aux personnes de Dieu d’autrefois qui ont utilisé le mot tout en gardant tout au long des siècles une cohérence dans sa signification, jusqu’à ce qu’il soit utilisé dans un sens plus faible et réduit dans les époques modernes. De nombreux écrits sur le sujet qui nous ont été préservés confirmeront qu’un réveil est une intervention divine dans le cours normal des choses spirituelles. C’est Dieu Se révélant Lui-même à l’homme dans une sainteté effroyable et une puissance irrésistible. C’est une opération de Dieu si manifeste que les personnalités humaines s’éclipsent et que les programmes humains sont abandonnés. C’est l’homme se retirant en arrière-plan parce que Dieu est monté sur scène. C’est le Seigneur découvrant Son bras saint, et œuvrant dans une puissance extraordinaire sur les saints et les pécheurs.
Le Dieu des saints et prophètes de l’Ancien Testament était le Dieu du réveil. Au chapitre 63 de sa prophétie, Esaïe, rappelant la façon dont le peuple de Dieu s’était rebellé et avait attristé Son Saint-Esprit (verset 10), soupire après une manifestation de Son zèle et de Ses actes puissants (verset 15). Il observe le sanctuaire dévasté et s’écrie : " Oh, si Tu roulais les cieux, si Tu descendais, si les montagnes s’inclinaient devant Ta présence…alors Ton nom serait connu de Tes adversaires, les nations trembleraient à Ta présence ! Lorsque Tu as accompli des choses terribles que nous n’avions pas recherchées, Tu es descendu… " (Esaïe 64:1-3).
Habakuk aussi, vivant à une époque où les jugements de Dieu étaient déjà déversés sur Son peuple à cause de leur péché, intercède en faveur d’un réveil : " Ô Seigneur, ranime Ton œuvre dans le courant des années, dans le courant des années, fais-la connaître; dans Ton courroux, souviens-Toi de Ta miséricorde " (Habakuk 3:2). Alors, en vision, il perçut la réponse à sa prière; il voit Dieu en marche (verset 3), manifestant Sa puissance et Sa gloire (versets 3-6). Il voit les tentes de l’Ethiopie dans l’affliction, et la nature elle-même touchée devant la présence divine (versets 7,10,11) lorsque le Seigneur marche à travers le pays dans l’indignation, s’avançant pour sauver Son peuple (versets 12,13).
A la fin du récit de l’Ancien Testament, nous voyons Dieu intercédant toujours avec le reste à travers Son serviteur Malachie, et promettant le réveil à cette heure de minuit si Son peuple est disposé à en payer le prix : " Apportez à la maison du trésor toutes vos dîmes et offrandes… et mettez-Moi maintenant au défi, dit l’Eternel des armées, et vous verrez si Je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux et ne déverse pas sur vous Ma bénédiction telle que vous n’aurez pas assez de place pour la contenir " (Malachie 3:10).
Nous pourrions nous référer à Zacharie, à Joël, et à de nombreux autres prophètes qui ont apporté dans des jours sombres un rayon d’espoir par la promesse de réveil. Combien de saints des siècles passés auraient pu attester la valeur de cette grande attente qui emplissait leur vie et que David exprima dans les paroles suivantes : "Oh! si je n'étais pas sûr de voir la bonté de l'Eternel sur la terre des vivants!..." (Psaumes 27:13).
Dans le Nouveau Testament, la vraie force motrice du réveil peut se voir dans une lumière plus claire lorsque nous le trouvons associée à l’effusion de l’Esprit. Dans son cadre historique en tant que jour de naissance de l’Eglise, la Pentecôte a été unique et il y a des éléments dans cet événement remarquable qui n’ont jamais été répétés. Mais en tant que spécimen de l’effusion de l’Esprit, la Pentecôte a été unique seulement dans le fait d’avoir été la première.
Pierre a déclaré en ce jour mémorable : "Mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, Je répandrai de mon Esprit sur toute chair" (Actes 2:16). La remarque doit être faite que Pierre, parlant sous l’inspiration, fut conduit à modifier la prophétie de Joël (Joël 2:28), en disant " dans les derniers jours " au lieu de " après cela ". Cette magnifique promesse concerne donc une période de temps, " dans les derniers jours ", et non seulement un moment donné dans le temps, comme le jour de la Pentecôte. Il est également clair d’après les paroles que Pierre a citées que la prophétie n’a eu qu’un accomplissement partiel ce jour-là. Il y a eu à l’évidence beaucoup plus qui allait venir. Toutes les années constituant l’histoire de l’Eglise ont été " dans les derniers jours ", et ainsi donc, il a plu au Seigneur lors de ces années-là, à des périodes spéciales, d’accomplir cette prophétie.
Il y a des preuves supplémentaires dans le Nouveau Testament de ce que Dieu n’a jamais eu l’intention de confiner l’effusion de l’Esprit à un seul jour historique. En Actes 10 verset 45, l’événement remarquable de Césarée est décrit par Luc comme une effusion du don du Saint-Esprit. Dans sa lettre à Tite, Paul utilise le même mot que celui utilisé par Pierre lorsqu’il cita Joël : " le Saint-Esprit qu’Il a répandu sur nous avec abondance " (Tite 3:5,6).
Les vrais réveils ont toujours été marqués par de puissantes effusions de l’Esprit, souvent à grande échelle. De très nombreuses fois, la prédication devait cesser parce que les auditeurs étaient prostrés, ou parce que la voix du prédicateur était submergée par les cris que poussaient les gens pour obtenir miséricorde. Qui niera que ces choses-là ont été des effusions de l’Esprit ? Qui pourra trouver une description de telles scènes plus appropriée que les paroles de Luc : " Le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole " ? (Actes 10:44).
David Brainerd rapporta le début du merveilleux mouvement de 1745 parmi des Indiens d’Amérique de la façon suivante : " La puissance de Dieu sembla descendre sur l’assemblée ‘comme un puissant vent impétueux’ et avec une énergie étonnante fit tout courber devant elle. Je me tenais debout dans l’émerveillement de l’influence qui saisissait l’auditoire presque universellement, et ne pourrais la comparer à rien d’autre de façon plus apte qu’à la force irrésistible d’un puissant torrent… Presque toutes les personnes de tout âge se prosternèrent ensemble avec sérieux, et pratiquement personne ne fut capable de supporter le choc de cette surprenante opération. "
Un réveil ne peut jamais être expliqué en termes d’activité, d’organisation, de réunions, de personnalités, de prédications. Ces choses peuvent ou pas être impliquées dans l’œuvre, mais elles ne rendent pas compte, et ne le peuvent pas, des effets produits. Un réveil est essentiellement une manifestation de Dieu; il a sur lui le sceau de la Divinité, que même les irrégénérés et les non-initiés sont prompts à reconnaître. Un réveil par nécessité doit produire un impact sur la communauté, et ceci est l’un des moyens par lesquels nous pouvons le distinguer des opérations plus habituelles du Saint-Esprit. Les caractéristiques d’un réveil seront considérées plus pleinement dans un prochain chapitre.
 
Référence: In The Day of Thy Power (Au Jour de Ta Puissance), Arthur Wallis

dimanche 8 octobre 2017

La "Rose de Luther" expliquée par le Réformateur.

Je vais indiquer ce que j'ai voulu y faire graver, comme le symbole de ma théologie: 



D'abord, il y a une croix noire avec un cœur au milieu. Cette croix doit me rappeler que la foi au crucifié nous sauve ! Qui croit en lui de toute son âme est justifié. Cette croix est noire pour indiquer la mortification, la douleur par laquelle le chrétien doit passer. Le cœur néanmoins conserve sa couleur naturelle : car la croix n'altère pas la nature, elle ne tue pas, elle vivifie. Le juste vivra par la foi, c'est-à-dire par la foi au crucifié. 

Le cœur est placé au milieu d'une rose blanche qui indique que la foi donne la consolation, la joie et la paix. La rose est blanche et non rouge, parce que ce n'est pas la joie et la paix du monde mais celle des esprits ; le blanc est la couleur des esprits et des anges. 

La rose est dans un champ d'azur, pour montrer que cette joie dans l'esprit et dans la foi est un commencement de la joie céleste qui nous attend; celle-ci est déjà comprise, elle existe déjà en espoir, mais le moment de la consommation n'est pas encore venu. Dans ce champ, vous voyez aussi un cercle d'or. Il indique que la félicitée dans le ciel durera éternellement et qu'il est supérieur à tout autre joie, à tout autre bien, comme l'or est le plus précieux des métaux. 


Martin Luther
 Lettre du 8 juillet 15130 à Lazare Spengler.


texte tiré d'Amitiés Luthériennes n°97