mercredi 1 novembre 2017

Qu'Est-Ce Qu'Un Réveil? par Arthur Wallis

"Dieu vient… Sa majesté couvre les cieux, et Sa gloire remplit la terre… Il s'arrête, et de l’œil Il mesure la terre; Il regarde, et Il fait trembler les nations; les montagnes éternelles se brisent, les collines antiques s'abaissent; les sentiers d'autrefois s'ouvrent devant Lui." (Habakuk 3:3,6)
 
Il n’y a jamais eu une époque dans laquelle le terme " réveil " a eu besoin d’être défini plus soigneusement. Il en est venu à être utilisé en relation avec des choses spirituelles dans une acceptation si large et de façon si approximative que beaucoup sont perplexes de savoir ce qu’il signifie. Pour certaines personnes ayant des préjugés ou ayant été mal informées, le terme est synonyme d’émotionalisme excessif ou d’hystérie de foule. Il est à espérer que les pages qui suivent constitueront une réponse suffisante à une telle calomnie sur l’œuvre du Saint-Esprit. D’autres utilisent le mot pour décrire une mission d’évangélisation réussie. Quand ils nous disent que leur église " a un réveil ", nous comprenons par là qu’ils veulent dire qu’une campagne d’évangélisation y est organisée. Il se peut que cet usage soit un reliquat des jours où l’Esprit œuvrait à grande échelle, et où l’on avait seulement à mettre sur pied une telle mission pour être témoin d’un renouveau parmi les croyants et une moisson parmi les perdus. Aujourd’hui, il en va tout autrement, mais dans tous les cas utiliser le terme de cette façon est erroné.
Certains, adoptant de près l’étymologie du mot, l’utilisent pour décrire une revivification personnelle du croyant par le Saint-Esprit. Si un individu ou un groupe est ravivé dans la sainteté ou amené dans un état de bénédiction, c’est cela qu’ils appellent " réveil ", même si l’extension de l’œuvre est minime. De façon similaire, d’autres qui mettent l’accent davantage sur une expérience particulière avec le Saint-Esprit, affirmeront que lorsqu’un individu ou un groupe a été rempli du Saint-Esprit, il a " obtenu un réveil ", indépendamment du fait qu’il y ait ou non des répercussions quelconques en dehors de leur cercle. Dans la mesure où un réveil implique toujours une revivification des croyants individuels, ces points de vue sont vrais, mais en tant que définitions du réveil, ils sont inadéquats.
Nous ne pouvons pas nous tourner vers la Bible pour voir comment le mot " réveil " est utilisé, car il ne s’y trouve pas, bien qu’elle contienne de nombreux exemples et types de réveil, et dévoile tous ses principes. Les équivalents scripturaux les plus proches sont " ranimer " (ou stimuler), et " raviver ", mais ces derniers peuvent s’appliquer à une œuvre de revivification individuelle, et ne sont pas toujours synonymes de ce qui a été appelé, d’un commun consentement, à travers les siècles, un " réveil religieux. "
Il serait bon que ceux qui souhaitent décrire ce qui est simplement une œuvre de stimulation parmi les croyants utilisent ces expressions scripturaires, " raviver " et " revivification ", et les distinguent du " réveil " qui les englobe tous, tout en les dépassant. Un réveil est davantage qu’une grande réunion. C’est plus qu’une excitation religieuse. C’est plus qu’une stimulation des saints, ou le fait qu’ils soient remplis du Saint-Esprit. C’est plus qu’une grande moisson d’âmes. On peut avoir l’une quelconque de ces choses sans avoir un réveil, et néanmoins un réveil les inclut toutes.
Il y a un énorme fossé entre des missions ou des campagnes d’évangélisation à leur meilleur niveau et un véritable réveil. Dans les premières, c’est l’homme qui prend l’initiative, avec la possibilité que ce soit l’Esprit qui le pousse à le faire; dans le deuxième cas, l’initiative est de Dieu. Avec les unes, l’organisation est humaine; avec l’autre elle est divine. Je n’ai aucune intention ici de dénigrer le travail missionnaire, ou de nier que Dieu leur doit la conversion d’une multitudes de gens, mais il doit être dit clairement qu’elles ne constituent pas des réveils. Les missions peuvent faire partie du programme continu d’évangélisation qui relève de la tâche de l’Eglise, mais un réveil est une chose survenant en des temps et périodes spéciaux. Un réveil peut bien sûr éclater pendant une mission, mais quand c’est le cas certains traits caractéristiques apparaîtront qui sont spécifiques d’un réveil, et certains traits disparaîtront qui sont caractéristiques des missions. Toutefois, tandis que le réveil tarit, l’évangélisation normale de l’Eglise doit continuer, mais que la distinction reste claire.
La signification d’un mot quelconque est déterminée par son usage. Pour définir un réveil, nous devons par conséquent faire appel aux personnes de Dieu d’autrefois qui ont utilisé le mot tout en gardant tout au long des siècles une cohérence dans sa signification, jusqu’à ce qu’il soit utilisé dans un sens plus faible et réduit dans les époques modernes. De nombreux écrits sur le sujet qui nous ont été préservés confirmeront qu’un réveil est une intervention divine dans le cours normal des choses spirituelles. C’est Dieu Se révélant Lui-même à l’homme dans une sainteté effroyable et une puissance irrésistible. C’est une opération de Dieu si manifeste que les personnalités humaines s’éclipsent et que les programmes humains sont abandonnés. C’est l’homme se retirant en arrière-plan parce que Dieu est monté sur scène. C’est le Seigneur découvrant Son bras saint, et œuvrant dans une puissance extraordinaire sur les saints et les pécheurs.
Le Dieu des saints et prophètes de l’Ancien Testament était le Dieu du réveil. Au chapitre 63 de sa prophétie, Esaïe, rappelant la façon dont le peuple de Dieu s’était rebellé et avait attristé Son Saint-Esprit (verset 10), soupire après une manifestation de Son zèle et de Ses actes puissants (verset 15). Il observe le sanctuaire dévasté et s’écrie : " Oh, si Tu roulais les cieux, si Tu descendais, si les montagnes s’inclinaient devant Ta présence…alors Ton nom serait connu de Tes adversaires, les nations trembleraient à Ta présence ! Lorsque Tu as accompli des choses terribles que nous n’avions pas recherchées, Tu es descendu… " (Esaïe 64:1-3).
Habakuk aussi, vivant à une époque où les jugements de Dieu étaient déjà déversés sur Son peuple à cause de leur péché, intercède en faveur d’un réveil : " Ô Seigneur, ranime Ton œuvre dans le courant des années, dans le courant des années, fais-la connaître; dans Ton courroux, souviens-Toi de Ta miséricorde " (Habakuk 3:2). Alors, en vision, il perçut la réponse à sa prière; il voit Dieu en marche (verset 3), manifestant Sa puissance et Sa gloire (versets 3-6). Il voit les tentes de l’Ethiopie dans l’affliction, et la nature elle-même touchée devant la présence divine (versets 7,10,11) lorsque le Seigneur marche à travers le pays dans l’indignation, s’avançant pour sauver Son peuple (versets 12,13).
A la fin du récit de l’Ancien Testament, nous voyons Dieu intercédant toujours avec le reste à travers Son serviteur Malachie, et promettant le réveil à cette heure de minuit si Son peuple est disposé à en payer le prix : " Apportez à la maison du trésor toutes vos dîmes et offrandes… et mettez-Moi maintenant au défi, dit l’Eternel des armées, et vous verrez si Je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux et ne déverse pas sur vous Ma bénédiction telle que vous n’aurez pas assez de place pour la contenir " (Malachie 3:10).
Nous pourrions nous référer à Zacharie, à Joël, et à de nombreux autres prophètes qui ont apporté dans des jours sombres un rayon d’espoir par la promesse de réveil. Combien de saints des siècles passés auraient pu attester la valeur de cette grande attente qui emplissait leur vie et que David exprima dans les paroles suivantes : "Oh! si je n'étais pas sûr de voir la bonté de l'Eternel sur la terre des vivants!..." (Psaumes 27:13).
Dans le Nouveau Testament, la vraie force motrice du réveil peut se voir dans une lumière plus claire lorsque nous le trouvons associée à l’effusion de l’Esprit. Dans son cadre historique en tant que jour de naissance de l’Eglise, la Pentecôte a été unique et il y a des éléments dans cet événement remarquable qui n’ont jamais été répétés. Mais en tant que spécimen de l’effusion de l’Esprit, la Pentecôte a été unique seulement dans le fait d’avoir été la première.
Pierre a déclaré en ce jour mémorable : "Mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, Je répandrai de mon Esprit sur toute chair" (Actes 2:16). La remarque doit être faite que Pierre, parlant sous l’inspiration, fut conduit à modifier la prophétie de Joël (Joël 2:28), en disant " dans les derniers jours " au lieu de " après cela ". Cette magnifique promesse concerne donc une période de temps, " dans les derniers jours ", et non seulement un moment donné dans le temps, comme le jour de la Pentecôte. Il est également clair d’après les paroles que Pierre a citées que la prophétie n’a eu qu’un accomplissement partiel ce jour-là. Il y a eu à l’évidence beaucoup plus qui allait venir. Toutes les années constituant l’histoire de l’Eglise ont été " dans les derniers jours ", et ainsi donc, il a plu au Seigneur lors de ces années-là, à des périodes spéciales, d’accomplir cette prophétie.
Il y a des preuves supplémentaires dans le Nouveau Testament de ce que Dieu n’a jamais eu l’intention de confiner l’effusion de l’Esprit à un seul jour historique. En Actes 10 verset 45, l’événement remarquable de Césarée est décrit par Luc comme une effusion du don du Saint-Esprit. Dans sa lettre à Tite, Paul utilise le même mot que celui utilisé par Pierre lorsqu’il cita Joël : " le Saint-Esprit qu’Il a répandu sur nous avec abondance " (Tite 3:5,6).
Les vrais réveils ont toujours été marqués par de puissantes effusions de l’Esprit, souvent à grande échelle. De très nombreuses fois, la prédication devait cesser parce que les auditeurs étaient prostrés, ou parce que la voix du prédicateur était submergée par les cris que poussaient les gens pour obtenir miséricorde. Qui niera que ces choses-là ont été des effusions de l’Esprit ? Qui pourra trouver une description de telles scènes plus appropriée que les paroles de Luc : " Le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole " ? (Actes 10:44).
David Brainerd rapporta le début du merveilleux mouvement de 1745 parmi des Indiens d’Amérique de la façon suivante : " La puissance de Dieu sembla descendre sur l’assemblée ‘comme un puissant vent impétueux’ et avec une énergie étonnante fit tout courber devant elle. Je me tenais debout dans l’émerveillement de l’influence qui saisissait l’auditoire presque universellement, et ne pourrais la comparer à rien d’autre de façon plus apte qu’à la force irrésistible d’un puissant torrent… Presque toutes les personnes de tout âge se prosternèrent ensemble avec sérieux, et pratiquement personne ne fut capable de supporter le choc de cette surprenante opération. "
Un réveil ne peut jamais être expliqué en termes d’activité, d’organisation, de réunions, de personnalités, de prédications. Ces choses peuvent ou pas être impliquées dans l’œuvre, mais elles ne rendent pas compte, et ne le peuvent pas, des effets produits. Un réveil est essentiellement une manifestation de Dieu; il a sur lui le sceau de la Divinité, que même les irrégénérés et les non-initiés sont prompts à reconnaître. Un réveil par nécessité doit produire un impact sur la communauté, et ceci est l’un des moyens par lesquels nous pouvons le distinguer des opérations plus habituelles du Saint-Esprit. Les caractéristiques d’un réveil seront considérées plus pleinement dans un prochain chapitre.
 
Référence: In The Day of Thy Power (Au Jour de Ta Puissance), Arthur Wallis

dimanche 8 octobre 2017

La "Rose de Luther" expliquée par le Réformateur.

Je vais indiquer ce que j'ai voulu y faire graver, comme le symbole de ma théologie: 



D'abord, il y a une croix noire avec un cœur au milieu. Cette croix doit me rappeler que la foi au crucifié nous sauve ! Qui croit en lui de toute son âme est justifié. Cette croix est noire pour indiquer la mortification, la douleur par laquelle le chrétien doit passer. Le cœur néanmoins conserve sa couleur naturelle : car la croix n'altère pas la nature, elle ne tue pas, elle vivifie. Le juste vivra par la foi, c'est-à-dire par la foi au crucifié. 

Le cœur est placé au milieu d'une rose blanche qui indique que la foi donne la consolation, la joie et la paix. La rose est blanche et non rouge, parce que ce n'est pas la joie et la paix du monde mais celle des esprits ; le blanc est la couleur des esprits et des anges. 

La rose est dans un champ d'azur, pour montrer que cette joie dans l'esprit et dans la foi est un commencement de la joie céleste qui nous attend; celle-ci est déjà comprise, elle existe déjà en espoir, mais le moment de la consommation n'est pas encore venu. Dans ce champ, vous voyez aussi un cercle d'or. Il indique que la félicitée dans le ciel durera éternellement et qu'il est supérieur à tout autre joie, à tout autre bien, comme l'or est le plus précieux des métaux. 


Martin Luther
 Lettre du 8 juillet 15130 à Lazare Spengler.


texte tiré d'Amitiés Luthériennes n°97